Spectacle pour le financement du projet "Un millier de sourires",

rénovation d'un collège dans la province de Quang Nam

Défilé et danse des ethnies

Depuis la nuit des temps, le peuple Viet s’est construit autour d’une légende ancestrale, qui nous raconte l’union entre deux êtres mythiques, entre une Immortelle, Au Co et un Dragon, Lac Long Quân, notre père ancestrale. De cette union sont nés 100 enfants qui donneront naissance au peuple vietnamien, et qui se sépareront plus tard sur la décision de leurs parents.  Est-ce bien cette  mythologie qui nous hante,  qui fait du Viet Nam,  une nation unie, solidaire mais entre- déchirée ?

Bercés par cette légende dès notre enfance,  dans notre conception initiale sur la vie, nous admettons déjà que dans l’union, nous vivons la séparation, une séparation qui ne sera que factice, car Lac Long Quân, l’aurait prédite « nous serons toujours là pour vous, pour vous secourir ».

 

Danse des chapeaux coniques

Cette fratrie divisée, bien que ressemblante, s’oppose, s’affronte et se complète, telle les deux aspects : la vie et la mort, la lumière et les ténèbres, le soleil et la lune,  l’homme et la femme

Pour les Vietnamiens, ces philosophies entrent même dans  notre concept, notre langage, d’où la création des mots, tout en s’opposant par le sens, se complètent étrangement : la patrie (dât nuoc) est un mélange de deux concepts terre (dât) et eau (nuoc), ou de manière métaphorique, nous parlerons de « sông-nui » (monts et fleuves) qui symbolise l’image de  la patrie comme l’image du couple.

En effet, les « montagnes » ou « terres » servent à représenter la solidité, la masculinité alors que les cours d’eau, la fluidité, d’où la féminité. Mais quelle terre apportera t-elle de la vie, sans eau pour l’arroser ?

La vie n’aurait de sens que dans la mort, la lumière n’est précieuse que des ténèbres profondes, le Bien n’a  de valeur qu’après avoir vaincu le Mal, et le Yang  n’est que rocher majestueux, mais sans vie, sans le Yin. 

Quelque soit l’extrême dans lequel l’on se situe, même à l’apogée, on apprend aussi que tout n’est que temporaire, on apprend aussi à mieux apprécier les instants de bonheur furtifs, à modérer ses ardeurs, à contenir sa force, à faire face à l’inconstance, en quête perpétuelle d’une constance,  d’une sérénité, d’une harmonie avec soi même et la nature.

   

Danse des éventails

Tout doit être contenu, maîtrisé car toute chose peut se présenter avec sa dualité, l’homme est seul maître de l’usage de sa force. Déployer la force « Cuong », le yang ou se servir de la souplesse « nhu »  du Yin ?

Ainsi, c’est avec la volonté de l’homme que  toute chose deviendra tantôt une arme détruisant les vies ou une caresse pour la vie.

     

Danse impériale

Mais chaque facette ne peut se révéler et être mis en valeur qu’avec l’autre, en contrastant avec l’autre.

Puis, à l’image de l’été, après chaque guerre meurtrière, quand, à l’apogée destructrice, tout le yang est déployé apportant dans son cortège le Mal, la Douleur, symbole de l’automne et la Mort, dans le creux de la vague,  l’on apprend aussi à être patient, à faire le dos rond  dans l’attente d’un lendemain meilleur, à se servir de toute la souplesse, la grâce avant que, gonflée par les flots, la montagne se déchaîne.

La nuit tombe avant le lever du soleil.

   

Défilé des tuniques

Le soleil se lève chaque jour.

Et quoi qu’il en soit, à travers notre Mère Immortelle,  le phénix renaîtra de ses cendres pour nous offrir la vie.  

   

 

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