Parrainages

Rentrée 2008 - 2009

214 élèves parrainés

Primaire : 22

Collège : 91

Lycée : 42

Université : 59

 

 

 

Ecole en bambou

Construction et extension d'une école

sur la base d'une architecture originale en bambou

Toute l'histoire

Rentrée scolaire 2008 sur Nha Trang et Diên Dong

"Opération vélo" et distribution des bourses de rentrée se sont effectuées début août 2008.

 

 

Témoignage: visite du trésorier, en novembre 2008 (extrait du bulletin 22)

" Nha Trang - août 2007

Une bonne partie du conseil d’administration s’était donné rendez-vous au Vietnam en cet été 2007 pour faire la tournée de nos activités. Moi-même je venais de Chine où je travaille depuis fin 2006. Première étape Nha Trang. Je n’y étais pas retourné depuis l’été 1995 quand nous venions à peine de lancer notre action. Depuis le sud de la Chine, c’est plus facile, juste le temps d’attraper le train de nuit à Saigon.

Le 18 août, visite des élèves parrainés à Nha Trang et Diên Đong . Retrouvailles avec deux de mes filleules: Thanh Thien que j’ai laissée au CP en 1995 et qui est maintenant à l’université. D’une petite fille à une jeune femme: un résumé saisissant de notre action depuis bientôt 15 ans. Difficile de ne pas être ému lors de ces moments qui constituent les plus belles sources de motivation de notre engagement. Thuy Trinh, qui est également à l’université et qui montre que les enfants de la zone de développement économique peuvent s’en sortir. Les situations de certaines familles sont dramatiques, on aurait envie de parrainer tous les enfants rencontrés…

Passage également sur le site de l’Ecole en bambou dans le district de Vinh Luong. Comme c’étaient les vacances, l’école était déserte et plutôt bien entretenue. En fait j’ai appris que Cô Mai avait poussé une grosse colère quelques jours auparavant, lors d’un premier passage car la structure en bambou avait été quelque peu laissée sans traitement, pourtant une nécessite pour assurer sa longévité. En fait tout le monde, professeurs et élèves, est content d’avoir cette école, mais personne ne se sent réellement investi pour la préserver, à part nous. Cô mai n’étant pas au dessus de donner quelques coups de pinceaux de vernis, et l’exemple aidant, tout était à nouveau flambant neuf quand je suis arrivé. Cela montre que notre action ne peut s’inscrire que dans la durée et l’exigence tant que les mentalités n’ont pas profondément changé. Une réalisation peut être remise en cause au bout de quelques années, simplement par négligence des utilisateurs et bénéficiaires. Mais cela ne doit pas décourager pour autant.

Nha Trang - Novembre 2008

Apès avoir quitté Tam Ky par le bus de nuit, je reviens sur Nha Trang et Diên Đong pour d’autres séances de distribution dans nos locaux. Cette fois le choc est moins grand, j’ai l’impression de les avoir quittés hier. Le dimanche à Diên Đong où je retrouve Thuy Trinh qui a fini l’université et est maintenant professeur de musique. Je passe la journée du lundi avec Thanh Thien et un autre de mes filleuls, Phap, qui est de Tam Ky mais fait ses études universitaires à Nha Trang. Ils m’assistent pendant que je prends des notes et des photos des enfants qui défilent au siège de l’Es tout au long de la journée pour récupérer les sacs de riz et les allocations scolaires. Ce sont eux également qui me véhiculent en scooter dans la ville. Etrange retournement de situation. L’aurais- je imaginé il y a 13 ans quand Thanh Thien me regardait avec des yeux un peu effrayés? Une autre évidence me frappe: cette première génération de l’Es que nous avons menée jusqu’au bout du parcours, il faut maintenant lui faire suivre une nouvelle route. C’est à eux qu’il revient de s’engager sur place, de mettre à disposition les connaissances acquises au long de ces années et d’en faire bénéficier nos nouveaux protégés."

Nicolas Legrand

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Rentrée scolaire 2004

Nguyên Hoang Mai

Durant tout l’été, au Vietnam, nos administratrices, notamment   Kim Ngoc et Quynh Nhu ont travaillé intensivement pour préparer la rentrée. Les uniformes ainsi que toutes les fournitures et livres scolaires ont été achetés dès la fin de l’année scolaire, bien en amont, afin d’éviter des augmentations de dernières minutes. Elles ont aussi passé l’été à retaper les livres un peu trop usés, par pure économie.

La plus grande distribution de l’année a eu lieu le 10 août à Dien Dong et le lendemain, 11 août à Nha Trang. Ainsi, le système de parrainage de l’Es aura permis à 214 élèves, du CP à l’Université, de poursuivre leurs études.

Les élèves de terminales, ayant passé leur baccalauréat viennent d’avoir leurs résultats aux concours d’entrée à l’université : 4 sur 5 candidats aux concours  sont reçus, une à l’Ecole d’architecture, une à l’Ecole des Beaux Arts et deux en  BTS de Comptabilité et Commerce. Certaines vont rejoindre prochainement SaiGon pour y poursuivre leurs études. Espérons que leurs parrains accepteront toujours de renouveler leur parrainage, ne serait-ce que pour récompenser leur filleul de leurs efforts . Le montant de ce type de parrainage passera de 115€ à 150€ par an.

Nous avons aussi appris que les examens aux concours d’entrée à l’université sont très rudes, il y a beaucoup trop de candidats par rapport au nombre de places proposées à l’université, même si l’on est conscient que les diplômes universitaires ne mènent pas forcément à un débouché quelconque si ’on n’a pas de « bonnes relations ».

Mais que faire aussi une fois le Bac en poche ? Pour les filles, hélas encore assez fréquemment, c’est  rester au foyer dans l’attente d’ un éventuel mariage ou faire de menus travaux  ou encore aller vendre des bricoles au marché. Pour  les garçons c’est accepter n’importe quel travail payé à la journée, instable et précaire, allant des récoltes saisonnières à « aide » en tout genre.

Pour cette rentrée, l’ES a décidé de prendre 20 élèves de plus en parrainage compensant ainsi 3 abandon d’études au cours de l’année dernière. Soit une augmentation de presque 10%. Un ou deux élèves trop faibles doivent abandonner le cursus de l’enseignement général pour apprendre un métier, toujours avec l’aide de leur parrain

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Distribution de riz

 

 

 

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Impressions de voyage

Elisa Lecuru

Je suis arrivée au siège de l’association, à Nha Trang, quelques jours seulement avant la distribution du mois d Août.  La ville est sur la côte, au Nord de Saigon. L’association se trouve à l’extérieur de Nha Trang, dans les quartiers périphériques, longeant le bord de mer. La maison est celle de Kim Ngoc. Elle donne sur une ruelle.  C’est une maison en longueur, dont la pièce principale s’ouvre sur une cour fleurie, à l’avant.

Quand je suis arrivée en plein après-midi, sous la chaleur vietnamienne que je découvrais à peine, Kim Ngoc m’attendait et m’a accueillie. Quinh Nhu était là, elle aussi.  Assises toutes deux par terre sur le carrelage de la pièce, elles finissaient de préparer la distribution. Tout avait certes était acheté mais je compris qu il fallait maintenant trier les livres, faire des lots et des paquets. Pour chacun de tous les enfants parrainés…. Le sol était jonché  de tout ce qui attendait nos écoliers : uniformes, cartables et sacoches, les cahiers, les stylos. Des piles de livres recouvraient les murs.

Je me joignis vite à elles, grâce aux quelques mots d’anglais de Qhuin Nhu, de mon précieux lexique franco-vietnamien, de dessins et de gestes. Nous avons ri et j’en ai appris plus. Sur elles deux : Qhin Nhu a 23 ans, habite avec sa famille, travaille le matin avec sa mère sur le marché de Nha Trang et consacre tout l’après-midi à l Ecole Sauvage. Kim Ngoc est plus âgée, vit seule dans sa maison, l’Ecole Sauvage. Je comprends que l’association fait partie intégrante de sa vie. Elles m’expliquèrent ce que nous étions en train de faire : les lots de cadeaux destinés aux élèves. Ils seront différents selon l’âge et les notes de chacun.

 Pour les petits, des puzzles pour les plus méritants.  Pour les  lycéens, des règles pour dessiner. Mais tous repartiront avec quelque chose : une trousse, des stylos brillants, du Tipex.

 Nous nous arrêtons avec l’arrivée de la nuit. La nuit vietnamienne tombe vite, vers 18 heures. Ceci n’étant pas recommandé par la police, il était trop tard pour trouver un hôtel, je dors donc chez Kim Ngoc. Sur une natte, sous la moustiquaire, la chaleur et le ventilateur.

Voilà, je suis au Vietnam.

Le lendemain, nous terminons l’empaquetage des derniers livres de classe. Nous  constituons des lots individuels de livres, par niveau. À la fin de la journée, vient un tireur de pousse- pousse. Sur la remorque de son vélo, il charge une partie des cartons de matériel. En effet, le lendemain nous partirons pour  le village de Diên Dong, dans la campagne de Nha Trang. Ce sera la première journée de distribution, pour une trentaine d’élèves. Nous regardons partir l’ homme, dans la ruelle boueuse, tirant derrière lui sa montagne folle de cartons… Jusqu’ à Diên Dong.

Nous partons le lendemain en mobylette pour le village. Je vois, eh oui, des rizieres pour la première fois de ma vie. La distribution se fait dans la maison de l’institutrice de l’école de Dien Dong. Nous sommes très bien reçus. Très tôt, les enfants arrivent. Kim Ngoc leur donne uniformes et cartables les fait signer sur la liste. Qhuin Nhu et moi leur donnons cahiers, stylos  (dont le nombre augmente avec la classe) et les fameux lots. Variant selon la mention : «  très bien »,  « bien » ou « pas assez bien »…….

La distribution du riz se fait dedans, sur la balance. C’est l institutrice qui s’en charge, aidée par les plus grands. Avec l’appareil de l’association, je prends un portrait de chaque enfant, les bras chargés de matériel neuf. C’est la photo rituelle de la rentrée.

Tous sont surpris de ma présence ici. Nous sommes eux et moi intimidés. Ils regardent l’appareil avec un grand sérieux. Il est très dur de les faire sourire. J’essaye. J’ose mes premiers mots de vietnamien. Quand ils rient, victoire! Tous transportent le riz et leurs affaires comme ils peuvent jusqu’à chez eux. Tout ça est chargé sur les vélos ou  porté par toutes la famille. Les plus grands garçons donnent des coups de main divers, des parents sont présents. Tous se connaissent et s’aident, il règne une bonne ambiance familière. Ces familles connaissent maintenant l’équipe de l Ecole Sauvage. Cela se sent.

 La plupart des élèves viennent le matin. Avant la pesante chaleur. Après le déjeuner toutes nous dormons.

La deuxième distribution, à Nha Trang, se fait à une autre échelle.  Ce sont plus de 150 élèves qui viendront durant la journée. Parfois de très loin. Cela se  fait en deux temps : le garage des voisins de Kim Ngoc a été annexé pour la pesée du riz. Les élèves eux-mêmes et les mères y remplissent ensemble les sacs. Kim Ngoc assise  à un bureau, fait signer les élèves, leur parle un moment. J’imagine qu’ elles les entretient des résultats passés. Le ton se fait parfois sévère. Elle leur donne un papier, il y est inscrit leur classe et la mention. Cela nous aidera à faire la distribution.

Celle-ci se déroule à l’association même. Mères et enfants se pressent dans la salle, qui soudain devient trop petite. Il faut trouver l’uniforme, les livres de chacun, le bon nombre de cahiers et de stylos, et garder un rythme soutenu… Je suis de nouveau la photographe attitrée. Je ne m’ennuie pas.

Parfois il y a ce regard triste juste le temps de la pose et un éclat de rire au moment ou je retire l’appareil. Les plus petits semblent souvent être moins impressionnés par le moment de la photo. Les mères retirent les casquettes, les recoiffent, les poussent. Il faut qu’ il soit réussi, ce portrait.

Et peu à peu, le stock s’écoule.  Chacun repart avec son bien. Les parents remercient, avec beaucoup de gratitude. Je le sens. Parfois, sur un visage d’enfant, une insatisfaction : les notes n’ont pas été assez bonnes, la récompense moins belle que les autres….

Voilà, la distribution du mois d’août est terminée. Certains enfants mettront leurs uniformes dès le lendemain, d’autres attendront Septembre. Ma non connaissance de la langue ne m’a pas permis de connaître les impressions de chacun, les problèmes qu’ont pu connaître éventuellement Kim Ngoc et Qhuin Nhu. Même sans la langue, les filles m’ont vite intégrée à l’aventure, je les en remercie. Je n’ai pas pu parler aux enfants. J’aurais réellement aimé. Mais j’étais là, je les ai rencontrés. La photo a été notre contact.

C’était une expérience très touchante.

Trop brève.

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