Pourquoi un parrainage ? 

Tableau de bord

Rentrée 2007 - 2008

 

Le parrainage est une forme de soutien dans laquelle le ‘parrain’ (ou la ‘marraine’) alloue une bourse d’étude à un enfant vietnamien du cycle primaire, secondaire ou supérieur, et peut entretenir avec lui une correspondance. Il s’agit de venir en aide à des enfants qui peuvent suivre une scolarité normale mais dont les familles ont des difficultés à payer les frais liés à la scolarité.

 

Suite

Frais pris en charge

Les relations avec le filleul

 

 

Province de Kanh Hoa

 

228 élèves parrainés

Primaire : 43

Collège : 76

Lycée : 80

Université : 29

 

Bulletin de soutien

 

Province de Quang Nam

 

92 élèves parrainés

Primaire : 31

Collège : 26

Lycée : 25

Université : 10

 

Lien vers le site de Quang Nam

La durée d’une bourse est d’un an, renouvelable en fonction des résultats de l’élève et des possibilités du parrain. Un parrainage a pour vocation de soutenir l’enfant le plus loin possible  dans sa scolarité, et le parrain doit donc considérer a priori qu’il s’engage moralement pour un certain nombre d’années envers cet enfant, bien qu’il soit libre d’arrêter à tout moment son parrainage.

Le montant des parrainages, inchangé pendants trois ans , a été réévalué en mai 2007 à :

-parrainé en primaire: 110 € par an

-parrainé en secondaire: 130€ par an

-parrainé à l’Université: 180€ par an.

Nos élèves sont répartis sur deux centres de gestion:

- -Province de Khanh Hoa: Nha Trang (171 élèves) et Diên Dông (nouvelle zone économique à l'ouest de Nha Trang, 56 élèves)

- Province de Quang Nam:   71 élèves

 Frais pris en charge

Le montant du parrainage couvre, durant toute une année scolaire:

- Les frais de scolarité de la rentrée,

- Les assurances en cas d’accidents et hospitalisation de l’élève,

- Les frais de scolarité semestriels,

- Les frais de scolarité mensuels (en sus, pour les élèves du secondaire privé)

- Les frais de cours particuliers : deux matières autorisées pour  les élèves qui en éprouvent le besoin (la quasi totalité de nos parrainés)

- Les livres et fournitures scolaires

- Deux uniformes

- 10 kg de riz par mois

- Les récompenses  aux élèves méritants

- au prorata, les salaires des gestionnaires de suivi .

Les autres frais restants: frais de correspondances, de gestion, salaire de la gestionnaire générale, les frais généraux (location du siège de l’ES au Viêt Nam, électricité, eau, déplacements…) sont entièrement à la charge de l’ES en France.

En plus  du parrainage, l’ES offre encore aux filleuls du secondaire (6ème à la terminale) la possibilité de suivre des cours de français qui seront sanctionnés par un diplôme à la fin du stage. Ces cours sont assurés par un enseignant diplômé et gérés par le centre linguistique Phuoc Tien, un centre  homologué par l’Education nationale. Tous les frais propres à l’organisation de ces cours (rémunération de l’enseignant, homologation des diplômes, gestion et suivi par le centre linguistique, frais généraux…)  sont uniquement à la charge de l’ES et non des parrains.  

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 Les relations avec le filleul

L’Ecole sauvage a adopté une certaine ligne de conduite en ce qui concerne les relations entre le filleul et le parrain, fondée sur l’expérience acquise lors de ces 10 dernières années. Afin que le parrain s’engage ou continue à s’engager en toute connaissance de cause, nous en résumons les différents aspects.

Nous encourageons la correspondance entre l’enfant et son parrain car nous pensons que cela peut être la source d’un enrichissement mutuel. Cela reste néanmoins facultatif pour le parrain qui peut se contenter uniquement de financer la bourse d’étude.

En revanche, nous tenons à ce que le filleul donne régulièrement de ses nouvelles en remerciement de l’aide qui lui est accordée et également en témoignage de l’utilisation de cette bourse. De même, nous lui demandons de répondre aux lettres de son  parrain.

Il est plus simple que les parrains fassent transiter leur courrier par notre intermédiaire pour plusieurs raisons : tout d’abord, certaines familles qui vivent dans des zones de type bidonvilles n’ont pas d’adresse postale définie ; par ailleurs nous assurons la traduction lorsque le parrain n’est pas vietnamophone. Enfin plusieurs expériences nous ont montré que certaines familles cherchaient parfois à profiter des parrains en leur demandant de l’argent supplémentaire ;  ceci peut se comprendre en raison de leurs situations souvent très difficiles, mais nous voulons éviter au maximum de tels dérapages. Si le parrain ne fait pas parvenir le courrier pas notre intermédiaire, il est souhaitable qu’il nous contacte dès qu’il reçoit de telles demandes afin que nous puissions en vérifier l’exactitude et discuter avec lui sur l’attitude à adopter.

Comme nous transmettons les courriers par envois groupés, il se peut qu’il y ait un certain délai entre l’envoi par le parrain et la réponse du filleul, ou qu’une lettre écrite spontanément par le filleul arrive entre temps et ne corresponde donc pas à des questions formulées par le parrain dans sa dernière lettre.

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Cours de français

 

 

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Nguyên Hoang Mai

Durant tout l’été, au Vietnam, nos administratrices, notamment   Kim Ngoc et Quynh Nhu ont travaillé intensivement pour préparer la rentrée. Les uniformes ainsi que toutes les fournitures et livres scolaires ont été achetés dès la fin de l’année scolaire, bien en amont, afin d’éviter des augmentations de dernières minutes. Elles ont aussi passé l’été à retaper les livres un peu trop usés, par pure économie.

La plus grande distribution de l’année a eu lieu le 10 août à Dien Dong et le lendemain, 11 août à Nha Trang. Ainsi, le système de parrainage de l’Es aura permis à 214 élèves, du CP à l’Université, de poursuivre leurs études.

Les élèves de terminales, ayant passé leur baccalauréat viennent d’avoir leurs résultats aux concours d’entrée à l’université : 4 sur 5 candidats aux concours  sont reçus, une à l’Ecole d’architecture, une à l’Ecole des Beaux Arts et deux en  BTS de Comptabilité et Commerce. Certaines vont rejoindre prochainement SaiGon pour y poursuivre leurs études. Espérons que leurs parrains accepteront toujours de renouveler leur parrainage, ne serait-ce que pour récompenser leur filleul de leurs efforts . Le montant de ce type de parrainage passera de 115€ à 150€ par an.

Nous avons aussi appris que les examens aux concours d’entrée à l’université sont très rudes, il y a beaucoup trop de candidats par rapport au nombre de places proposées à l’université, même si l’on est conscient que les diplômes universitaires ne mènent pas forcément à un débouché quelconque si ’on n’a pas de « bonnes relations ».

Mais que faire aussi une fois le Bac en poche ? Pour les filles, hélas encore assez fréquemment, c’est  rester au foyer dans l’attente d’ un éventuel mariage ou faire de menus travaux  ou encore aller vendre des bricoles au marché. Pour  les garçons c’est accepter n’importe quel travail payé à la journée, instable et précaire, allant des récoltes saisonnières à « aide » en tout genre.

Pour cette rentrée, l’ES a décidé de prendre 20 élèves de plus en parrainage compensant ainsi 3 abandon d’études au cours de l’année dernière. Soit une augmentation de presque 10%. Un ou deux élèves trop faibles doivent abandonner le cursus de l’enseignement général pour apprendre un métier, toujours avec l’aide de leur parrain

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Distribution de riz

 

 

 

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Elisa Lecuru

Je suis arrivée au siège de l’association, à Nha Trang, quelques jours seulement avant la distribution du mois d Août.  La ville est sur la côte, au Nord de Saigon. L’association se trouve à l’extérieur de Nha Trang, dans les quartiers périphériques, longeant le bord de mer. La maison est celle de Kim Ngoc. Elle donne sur une ruelle.  C’est une maison en longueur, dont la pièce principale s’ouvre sur une cour fleurie, à l’avant.

Quand je suis arrivée en plein après-midi, sous la chaleur vietnamienne que je découvrais à peine, Kim Ngoc m’attendait et m’a accueillie. Quinh Nhu était là, elle aussi.  Assises toutes deux par terre sur le carrelage de la pièce, elles finissaient de préparer la distribution. Tout avait certes était acheté mais je compris qu il fallait maintenant trier les livres, faire des lots et des paquets. Pour chacun de tous les enfants parrainés…. Le sol était jonché  de tout ce qui attendait nos écoliers : uniformes, cartables et sacoches, les cahiers, les stylos. Des piles de livres recouvraient les murs.

Je me joignis vite à elles, grâce aux quelques mots d’anglais de Qhuin Nhu, de mon précieux lexique franco-vietnamien, de dessins et de gestes. Nous avons ri et j’en ai appris plus. Sur elles deux : Qhin Nhu a 23 ans, habite avec sa famille, travaille le matin avec sa mère sur le marché de Nha Trang et consacre tout l’après-midi à l Ecole Sauvage. Kim Ngoc est plus âgée, vit seule dans sa maison, l’Ecole Sauvage. Je comprends que l’association fait partie intégrante de sa vie. Elles m’expliquèrent ce que nous étions en train de faire : les lots de cadeaux destinés aux élèves. Ils seront différents selon l’âge et les notes de chacun.

 Pour les petits, des puzzles pour les plus méritants.  Pour les  lycéens, des règles pour dessiner. Mais tous repartiront avec quelque chose : une trousse, des stylos brillants, du Tipex.

 Nous nous arrêtons avec l’arrivée de la nuit. La nuit vietnamienne tombe vite, vers 18 heures. Ceci n’étant pas recommandé par la police, il était trop tard pour trouver un hôtel, je dors donc chez Kim Ngoc. Sur une natte, sous la moustiquaire, la chaleur et le ventilateur.

Voilà, je suis au Vietnam.

Le lendemain, nous terminons l’empaquetage des derniers livres de classe. Nous  constituons des lots individuels de livres, par niveau. À la fin de la journée, vient un tireur de pousse- pousse. Sur la remorque de son vélo, il charge une partie des cartons de matériel. En effet, le lendemain nous partirons pour  le village de Diên Dong, dans la campagne de Nha Trang. Ce sera la première journée de distribution, pour une trentaine d’élèves. Nous regardons partir l’ homme, dans la ruelle boueuse, tirant derrière lui sa montagne folle de cartons… Jusqu’ à Diên Dong.

Nous partons le lendemain en mobylette pour le village. Je vois, eh oui, des rizieres pour la première fois de ma vie. La distribution se fait dans la maison de l’institutrice de l’école de Dien Dong. Nous sommes très bien reçus. Très tôt, les enfants arrivent. Kim Ngoc leur donne uniformes et cartables les fait signer sur la liste. Qhuin Nhu et moi leur donnons cahiers, stylos  (dont le nombre augmente avec la classe) et les fameux lots. Variant selon la mention : «  très bien »,  « bien » ou « pas assez bien »…….

La distribution du riz se fait dedans, sur la balance. C’est l institutrice qui s’en charge, aidée par les plus grands. Avec l’appareil de l’association, je prends un portrait de chaque enfant, les bras chargés de matériel neuf. C’est la photo rituelle de la rentrée.

Tous sont surpris de ma présence ici. Nous sommes eux et moi intimidés. Ils regardent l’appareil avec un grand sérieux. Il est très dur de les faire sourire. J’essaye. J’ose mes premiers mots de vietnamien. Quand ils rient, victoire! Tous transportent le riz et leurs affaires comme ils peuvent jusqu’à chez eux. Tout ça est chargé sur les vélos ou  porté par toutes la famille. Les plus grands garçons donnent des coups de main divers, des parents sont présents. Tous se connaissent et s’aident, il règne une bonne ambiance familière. Ces familles connaissent maintenant l’équipe de l Ecole Sauvage. Cela se sent.

 La plupart des élèves viennent le matin. Avant la pesante chaleur. Après le déjeuner toutes nous dormons.

La deuxième distribution, à Nha Trang, se fait à une autre échelle.  Ce sont plus de 150 élèves qui viendront durant la journée. Parfois de très loin. Cela se  fait en deux temps : le garage des voisins de Kim Ngoc a été annexé pour la pesée du riz. Les élèves eux-mêmes et les mères y remplissent ensemble les sacs. Kim Ngoc assise  à un bureau, fait signer les élèves, leur parle un moment. J’imagine qu’ elles les entretient des résultats passés. Le ton se fait parfois sévère. Elle leur donne un papier, il y est inscrit leur classe et la mention. Cela nous aidera à faire la distribution.

Celle-ci se déroule à l’association même. Mères et enfants se pressent dans la salle, qui soudain devient trop petite. Il faut trouver l’uniforme, les livres de chacun, le bon nombre de cahiers et de stylos, et garder un rythme soutenu… Je suis de nouveau la photographe attitrée. Je ne m’ennuie pas.

Parfois il y a ce regard triste juste le temps de la pose et un éclat de rire au moment ou je retire l’appareil. Les plus petits semblent souvent être moins impressionnés par le moment de la photo. Les mères retirent les casquettes, les recoiffent, les poussent. Il faut qu’ il soit réussi, ce portrait.

Et peu à peu, le stock s’écoule.  Chacun repart avec son bien. Les parents remercient, avec beaucoup de gratitude. Je le sens. Parfois, sur un visage d’enfant, une insatisfaction : les notes n’ont pas été assez bonnes, la récompense moins belle que les autres….

Voilà, la distribution du mois d’août est terminée. Certains enfants mettront leurs uniformes dès le lendemain, d’autres attendront Septembre. Ma non connaissance de la langue ne m’a pas permis de connaître les impressions de chacun, les problèmes qu’ont pu connaître éventuellement Kim Ngoc et Qhuin Nhu. Même sans la langue, les filles m’ont vite intégrée à l’aventure, je les en remercie. Je n’ai pas pu parler aux enfants. J’aurais réellement aimé. Mais j’étais là, je les ai rencontrés. La photo a été notre contact.

C’était une expérience très touchante.

Trop brève.

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