Viêt Nam, mon pays

L’écriture vietnamienne

Nous connaissons bien (du moins ceux qui ont suivi les cours de Cô Mai) la transcription romanisée du viêtnamien, ou Quốc Ngữ (« écriture nationale ») développée par les jésuites au XVIe siècle, notamment par Alexandre de Rhodes. D’autres systèmes ont été utilisés historiquement pour transcrire le vietnamien, en dehors de l’utilisation pure et simple de la langue chinoise (Chữ Hán) qui a servi pendant de longues générations de langue administrative.

C’est notamment le cas original du Chữ Nôm, 𡨸 喃, littéralement « écriture du sud »), dérivé des caractères chinois (hanzi, appelés Hán Tự en vietnamien). Ce système logographique était le seul moyen de noter le vietnamien jusqu’au XIVe siècle et n’était utilisée que par les élites instruites en chinois. Le Chữ Nôm était connu à l’origine sous le nom de Quốc âm (國音, littéralement « prononciation du pays »), supposé être apparu après l’indépendance du Viêt Nam vis-à -is de la Chine en 939, en remplacement du très ancien Chữ Nho (qui ne pouvait être utilisé que par des érudits et était basé sur l’écriture du chinois médiéval) afin de mieux rendre compte de la prononciation du vietnamien classique (devenu une langue clairement distinguée, malgré la présence de mots très proches comme dragon, long 龍, ou fleur, hoa 花).

L’ancien nom du Viêt Nam, Đại Cồ Việt, utilisait justement le Quốc âm. Une inscription en Quốc âm a été trouvée sur une cloche en bronze à Do Son. Elle est datée du XIe siècle. À partir de cette date, et pendant presque 1 000 ans, le vietnamien fut noté quasi exclusivement en Quốc âm, que ce soit la littérature, la philosophie, l’histoire, les lois, les édits, etc. Le Chữ Nôm est l’adaptation du Quốc âm, qui se développe alors (en abandonnant définitivement certaines formes résiduelles de l’ancien Chữ Nho) avec des sinogrammes supplémentaires spécifiquement vietnamiens (non nécessairement phonétiques), pour l’écriture exclusive du vietnamien (classique et moderne). Le changement de nom de cette écriture ne traduit pas de différence dans l’écriture sinographique elle-même, mais est une traduction de son évolution et son adaptation à la langue orale.

Durant les 14 ans de règne des empereurs Tây Sơn (1788-1802), tous les documents administratifs furent écrits en Chữ Nôm. Au XVIIIe siècle, la plupart des grands poètes et écrivains écrivaient en Chữ Nôm (comme pour le Truyện Kiều).

Sources : Wikipedia