La légende du bánh tét

Tout comme le bánh chưng, le bánh tét est composé des mêmes ingrédients fondamentaux mais ses origines sont étroitement liées à l’Histoire du Vietnam.

Les Vietnamiens du Nord sont particulièrement friands de bánh chưng, ceux du Centre utilisent à la fois le bánh chưng et le bánh tét, tandis que ceux du Sud ont diversifié les gâteaux de riz salés classiques en de nombreuses déclinaisons, allant du salé au sucré.

Les origines du bánh tét

Fin 1788, Nguyễn Huệ se proclame roi 👑 sous de nom de Quang Trung afin de rallier le peuple Việt et lève ses troupes pour lutter contre l’armée Qing occupant le Nord, sous prétexte d’aider la dynastie des Lê à reconquérir le royaume.

L’armée était vaillante mais populaire, et les hommes devaient accepter de partir en campagne durant la période du Tết. Les troupes devaient pouvoir se déplacer rapidement, par voie terrestre ou par voie maritime, de Bình Định à Thăng Long.

En fin stratège 💡, La Sơn Phu Tử, de son vrai nom Nguyễn (Quang) Thiếp, conseiller du roi Quang Trung, propose de modifier la forme traditionnellement carrée du gâteau de riz (bánh chưng) enveloppé dans des feuilles de « dong », en un long cylindre enveloppé de feuilles de bananier (lá chuối), tout en conservant les éléments fondamentaux que sont le riz gluant, les haricots mungo et la viande de porc. De cette adaptation pratique* est né le « bánh tét ». De cette façon, les soldats pouvaient conserver soigneusement le bánh tét et le consommer petit à petit.

Suivant ces conseils avisés, les gâteaux de riz sont préparés par les familles sur ordre du roi Quang Trung. Les bánh tét ainsi confectionnés et attachés autour de la taille, les troupes du roi Quang Trung prennent alors la route, marchant jour et nuit, emportant ainsi avec eux l’esprit du Tết et la chaleur de leur foyer.

En se servant de la mobilité de son armée face à l’immobilité de celle des Qing, le roi Quang Trung réussit à vaincre ses adversaires en un temps record en reprenant la capitale Thăng Long dans la nuit, à la veille du Tết Kỷ Dậu (1789), conquérant ainsi l’indépendance du pays.

Note aux lecteurs 📖 :
(*) Le mot « tét » signifie, dans ce contexte, couper ou fendre mais l’outil traditionnel utilisé ici est une fine tige en bambou servant à emballer les gâteaux de riz. Le bánh tét est enveloppé dans des feuilles de bananiers disposées dans le sens des fibres, afin de pouvoir être tranché facilement, rondelle après rondelle, à l’aide d’un fil.